Zmagri déliquescent
26. mars
2014
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Les premières fois.

ob_5aa099_topelementIl fait trop doux cet hiver et Bruxelles en a plein le cul de devoir ressortir ses tenues estivales, rangées depuis peu, tout en gardant à l’œil que l’air polaire sera bien au rendez-vous, un petit contretemps mais ne vous en faites pas !

Et comme c’est le premier texte pondu en 2014, j’aimerai vous parler de la première fois ou plutôt des premières fois.

Du sexe et oui encore et toujours du sexe, car chez nous aussi il y a DU SEXE.

Les premières fois, car c’est comme ça que cela s’est passé.

Les femmes m’ont toujours fasciné, la douceur et l’exaltation de leurs verves déstabilisent encore le faux Don Juan qui m’habite.

16 ans

On rentre d’une soirée :

-« Allez vas-y.

-Attends.

-Mais tu ne bandes pas.

-Mais si, qu’est-ce que tu dis, attend 2minutes.

-Mais non tu ne bandes pas (léger rire).

-Merde, elle fait chier elle en fait !

-Tu veux que je te suce.

– Euh wai wai , j’adore.

…

-Mais tu ne bandes toujours pas.T’es sur que tu as déjà coucher avec une femme ?

-Bien sûr, qu’est-ce que tu dis.

-Viens dans mes bras. »

-Ça va venir…Ça viens, ça viens dépèche-toi …

– Ça y est ?…

-Et non .On a trop bu et moi quand je bois tu sais , quand …Enfin… tu m’as compris?

– Mon chou dors ça ira mieux.

J’étais pétrifié et ça, elle l’ avait bien compris.

Elle me plaisait beaucoup pourtant, mais plus âgée de deux ans et à 16 ans, ça vous parait énorme et ça rajoute une pression qui m’a plombé.

On s’est endormi.

Elle a été gentille, compatissante et n’a jamais rien dit à personne et pour ça je lui en suis reconnaissant, ça m’aurait flingué.

Le lendemain matin, je décide d’avoir une sérieuse discussion avec mon sexe.

-« Qu’est-ce que tu m’as fait toi hier !! »

Et comme le matin, c’est l’afflux sanguin de ces messieurs , il apparait vigoureux et fier,je la regarde cette verge capricieuse.

« Et wa dabba 3ad fé9ti al mossiba ! » (Et c’est maintenant que tu te lèves espèce de catastrophe !).

J’ai 16 ans et j’ai la trouille des femmes.

Pourtant le sexe m’obsède, les femmes m’obsèdent, l’amour m’obsède.

Mais mon corps a décidé de prendre son temps.

C’est là que mon pote turque Ercan a joué le rôle que tous les bons potes doivent avoir dans ces moments là.

Ercan est d’origine turque, c’était un ami du quartier, sa famille avait fait fortune dans le textile et dans le mobilier à Bruxelles.

Plus âgé que moi de 3 ans, c’est un gros baiseur, un vrai.

A 20 ans, il avait une panoplie de maitresses dont certaines marocaines, car il avait une affection particulière pour elles.

Il m’en a raconté de bonnes et d’autres plus inquiétantes, mais ça sera pour une autre fois.

Il me dit :

-« Ce soir je monte en Hollande pour acheter à fumer, viens avec on passera à Anvers après ».

Pour ceux qui ne savent pas ce qu’Anvers signifie dans l’état d’esprit d’un jeune puceau de 16 ans j’explique :

Anvers ce n’est pas que les diamantaires juifs, le port ou Rubens.

Anvers c’est aussi le paradis du sexe. Tout un quartier aux éclairages fluos rempli de femmes qui ne demandent qu’à vous chérirent, au prorata de la somme que ces quidams auront la gentillesse de leur accorder.

Le quartier, non loin du port, est peuplé d’accents venus d’un peu partout de par le monde.

Russe, latino, arabe, néerlandais, français …

On monte donc d’abord à Rosendaal (Pays-Bas)

On va au coffee-shop (sorte de bar à cannabis en toute légalité) « chez Hamid », un marocain de Tanger. Véritable spécialiste et alchimiste de la plante sacrée.

On fume et on fume encore comme si la vie partait.

On picole et on picole encore comme si la vie partait.

Défoncé comme un employé anglais après licenciement au bord de la Tamise et prêt à s’y jeter.

On reprend la route dans la Audi 80 d’Ercan, musique Turque à se faire péter les tympans et les poches pleines d’amour pour ces Dames d’Anvers qui n’attendent plus que notre venue.

Ercan, lui il kiffe les filles de l’est et à juste titre, des beautés sorties tout droit du jardin d’Eden par dizaine.

« -Alors ? Laquelle » me lance-t-il.

je lui réponds : » Pour moi ? »

« -Bien sûr pour toi, je t’invite frangin. »

Et là, mon regard tombe sur un diamant taillé, probablement dans le quartier des diamantaires anversois.

Elle me fait les yeux doux, des yeux sans un soupçon d’arrogance dont font preuve la plupart de ses collègues.Les yeux de celle qui vous souhaite vous, car c’est elle qui vous a désigné.

-« Putain c’est une bombe celle-là en plus elle prend pas n’importe qui, j’ai déjà testé et avec moi, pas moyen. »

Flatté comme un paon, je me dirige vers la vitrine, elle l’ouvre et avec un accent slave me dit :

-« Alors chéri tu t’es perdu. »

-« Oui, mais là je crois que c’est bon, j’ai retrouvé mon chemin. »

Je rentre.

Abé (frère en Turque) Wayyyaaaaouuuuuuuu Bsa7aa (Santé) , me lance Ercan !

On monte dans un petit studio cosy.

-« C’est quoi ton petit nom », me dit-elle ?

J’invente un faux prénom.

Tu es quel âge ?

J’invente un âge. (La prostitution étant « tolérée » en Belgique, les clients doivent, au moins, être majeurs, ce que je n’étais pas encore).

Elle a 24 ans et est Tchèque.

Pour l’occasion , j’en ai 20 et je m’appelle Farid.

Pourtant, je puis vous assurer qu’à l’âge de 16 ans, j’en paraissais bien 14.

Nous voilà donc allongés, nus sur le lit.

Elle est angélique, des yeux bleus, un teint soleil, des cheveux lisses noir et un corps à ressusciter Jean-Paul 2.

Merde, je panique encore mais qu’est-ce qui se passe ?

Elle parcourt mon corps de baisers, et se dirige vers la zone où tout se complique et commence une fellation en prenant le temps, par un tour de passe passe, de glisser sur mon sexe désespérément apathique, un préservatif qu’elle avait au préalable mis en bouche.

Au bout de 10 minutes, rien n’arrive, rien ne vient …

-« Calme toi,chéri, tu veux faire quoi ? »

-Euh … ?

-« C’est pas grave on a tout notre temps et en plus tu me plais ».

C’est très flatteur, mais je n’arrive toujours pas à « édifier » .

Pourtant, lorsque je vous dit qu’elle est belle, c’est pas qu’elle est belle, elle est beeeelllllllleeeee !!!

Et là, elle s’approche de ma bouche et me dit toujours avec cet accent succulent.

-« J’ai envie de t’embrasser ».

-Euh … (dans ma tête : « maladie, sida, etc clignotaient comme à Las Vegas.)

-« Je peux vous… euh te prendre juste dans mes bras ».

-« D’accord mon amour ».

Je suis resté 10 minutes dans cette position, on a parlé d’elle, de sa vie … Je voulais la prendre avec moi et faire le tour du monde.

Je voulais être son sauveur, son amant, son homme.

Elle avait encore la moitié d’un joint dans le cendrier, on l’a fumé à deux et on a ri.

Elle m’a expliqué sa vie, sa petite fille restée au pays et la maison qu’elle y faisait construire.

-« Pourquoi, tu fais ça ? »

Dans ma tête, ça ne voulait pas s’entendre. Une aussi belle femme.

Comme j’étais encore qu’un petit adolescent, elle me répondit en anglais/arabe cette fois ci :

« -I love money, habibi » (j’adore l’argent mon chéri).

Elle avait du en voir de toutes les nationalités.

Mais je pouvais tout lui pardonner et me casser avec elle et vivre d’amour et d’eau fraiche.

Ensuite je lui ai dit merci « Chérie », on s’est dirigé vers le lavabo à côté du bidet et elle m’a lavé,sans se presser.

Je me suis rhabillé et en descendant les escaliers, elle me lança « Farid », je mis un certain temps à réagir.

-« Toi, tu es quelqu’un de gentil« .

Moi, je lui réponds que j’espère qu’elle arrêtera ce boulot, elle ajouta :

-« Incha Allah ».

On sourit, je descends et je quitte ce nid douillet.

La transition avec l’extérieur est violente. Au loin j’entends une voix familière.

-« Alors ? » S’exclame Ercan, bouteille de vodka/orange en main, qui m’attendait et avait déjà tiré son coup, « elle est super bonne Abé. »

Je lui réponds :

-« Oui, elle est terrible ».

« -Qu’est ce que t’as , t’es amoureux ou quoi ? »(éclat de rire)

– T’es fou ou quoi , moi amoureux d’une …pute.

Et pourtant et pourtant …

J’étais complétement saoul et déchiré au THC ce jour là, mais je pourrai vous décrire chacune des secondes passées avec elle en un tome aujourd’hui.

Elle restera inscrite à jamais, quelque part dans mon cervelet.

Sur le chemin du retour, plus de musique et Ercan a eu droit à une version plutôt macho/édulcorée.Mais je suis sur qu’il ne m’en voudra pas.

Et moi je ne sais pas encore ce que c’est que faire l’amour, mais je m’en fous.

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Fin 1er partie

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26. mars
2014
Non classé
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J’ai rechaussé mes ADIDAS depuis et il n’y a plus « d’autres ».

ob_91d7b5_il-570xn-484275721-3kb7Ma soeur est en colère, elle pleure car le poste convoité était en deçà ses compétences et malgré cela il lui a été refusé.

« Suite à un examen attentif de votre dossier nous sommes au regret de vous annoncer que nous ne pouvons donner une suite favorable à votre candidature.

Nous avons examiné attentivement votre dossier, bien que celui-ci réponde aux exigences de l’employeur nous avons porté notre choix sur un collaborateur dont le profil nous semble plus opportun. »

C’est qui, qui a pondu le premier ce genre de tournure de phrase ?

De cette forme d’hypocrisie est née la « réponse type », celle qu’on vous balance, sourire aux lèvres et dont l’intention implicite est qu’on aimerait se débarrasser de vous à moindre coût.

Il est 15h je suis adolescent et j’ai rendez-vous à la salle de mini-foot, on joue contre un club flamand de Boutersem et on est chaud.

Je vais me venger sur le terrain.

Notre équipe était composée majoritairement de Khoroto (belges d’origine marocaine) ou d’enfants d’immigrés d’ailleurs et chaque match de football ou de mini-foot ne se limitait pas simplement à une compétition sportive, c’était plus que ça, nous marquions avec nos « ADIDAS SAMBA » un acte politique d’affirmation de soi.

Sur le terrain, on ne pouvait s’autoriser une erreur car l’idée de la défaite nous plongeait encore plus dans ce sentiment de dominé face aux « autres ».

Oui, car nous c’était nous et eux, ben c’était « les autres » …

En revanche, chaque victoire était diablement savourée, nous sommes là et avions bien l’intention de le faire savoir.

Jusqu’au jour où des hommes, sont venus nous dire que le chemin de leur mosquée était plus court que celui du terrain de foot.

J’ai rangé mes ADIDAS et perdu quelques amis.

Au soir, on parle encore de nous au Journal Télé. Depuis quelques jours les quartiers populaires connaissent des troubles depuis le parvis St Jean Baptiste à Molenbeek-St-Jean.

Un énième contrôle d’identité tourne au vinaigre et la jeunesse d’origine marocaine réplique.

Des émeutes ont lieu dans plusieurs communes de la capitale et le politique prend enfin conscience que la 2ème génération a de fortes chances de rester en Belgique.

Je ne suis pas d’une humeur violente, mais je suis sorti avec mes amis brandir ma carte d’identité jaune (Carte réservée aux belges d’origines marocaines et turques, les espagnols possédaient une bleue et les italiens avaient une autre couleur dont je ne me souviens plus) pour crier mon indignation.

We zijn belgie, nous sommes belges les amis.

J’ai vu des cocktails Molotov, des charges policières matraques et boucliers à la main, des maisons barricadées, des parents dépassés et des jeunes accrochés à leur seul et unique certitude : leur identité.

J’ai vu un souffle spontané d’une génération à la recherche de leaders propres et intègres.

Le mouvement dura une grosse semaine et les conséquences auraient pu, me semble-t-il nous être plus favorables si nous étions plus encadrés, plus conscients aussi.Ce que nous souhaitions vraiment, c’était juste être pareil à nos semblables, vous savez ceux que nous considérions être comme « les autres ».

Comme derrière tous les mouvements de foule, il y a souvent en embuscade, prêt à bondir pour récupérer cette énergie disparate : La religion, la politique ou la religion au service du politique.

En bouquinant sur l’histoire de notre immigration, en discutant avec des acteurs de cette histoire j’ai mesuré l’ampleur de l’arnaque.

Arnaque dont les conséquences pourraient se traduire aujourd’hui par les expressions suivantes : Le vote ethnique (qui peut être débattu, j’en conviens) et la visibilité politique et médiatique d’une certaine minorité .

Bref comme dirait le briscard du boui boui d’en face « du persil sur le steak ».

Je me suis replongé dans ma mémoire de bambin et me suis souvenu d’une soirée à l’ULB aux allures un peu clandestine d’un comité à l’écart du système. La salle était pleine à craquer.

C’était des marocains qui organisaient à leur manière l’immigration à travers la culture et le savoir et dénonçaient le régime marocain emmené par Hassan 2 durant les années de plombs.

Ils parlaient avec dignité de nous et de notre avenir, ils préparaient notre élite, notre « inteligencia ».

Il y avait des familles, des jeunes khorotos aux allures de rockeurs du thé et de la bière.

Il y avait aussi des groupes de musique qui chantaient la nostalgie du soleil et l’amour du surréalisme.

Il se passait quelque chose, j’en suis sûr mais quoi, je peine encore à le cerner.

Mes amis aussi y étaient, dont certains étaient des royalistes par tradition, d’autres des amazighs au sens étymologique du terme (des hommes libres).

On passait de l’aliénation à la révolution.

Pour harmoniser cette bouillabaisse marocaine, la Belgique a pu compter sur l’aide et le renfort des mosquées tenues par les mêmes hommes qui m’ont éloigné de mes ADIDAS.

Certaines de ces mosquées servaient souvent de relais au régime marocain.

De la religion au service du pouvoir, l’histoire se réécrit sans cesse sans tirer les leçons du passé.

Ils nous ont eus et plus encore.

Ces mosquées pouvaient à leur tour aussi compter sur le soutien indéfectible des politiques belges qui comprirent très vite qu’il y avait là un nid potentiel d’électeurs. Ces politiques ont pris conscience qu’en plus d’être « de gentils bosseurs », les marocains sont des industries à bambins qui seront les votants de demain. L’amorce des fondements du vote ethnique en Belgique, peut être ?

Face au pouvoir d’un divin au service de … les précurseurs d’une élite en devenir n’ont pas fait le poids.

Nous sommes orphelins des soirées de l’ULB.

Aujourd’hui, certains de ces orphelins, vivent un imaginaire sublimé aux antipodes d’une réalité. Dans cet imaginaire Karl Marx et Nietzsche donnaient la messe à des brebis libertaires post 68.

A choisir, j’aurai été l’une d’entre- elles.

La transition à bel et bien eu lieu, nous sommes passés d’un collectivisme « conscientisant » à un individualisme exacerbé, vide de sens aux référents plus saugrenus qu’improbables.

De Brel, Moustaki , Brassens, Lemchaheb, Ghiwane à Sharia For Belgium … Waw !! Et le tout en moins de 40 ans ! Il n’en faut pas plus me diriez-vous.

En février prochain, nous commémorons les 50 ans de présence marocaine en Belgique, l’heure est idéale pour faire un bilan décomplexé avec ceux qui ont cru, avec ceux qui sont déçus et avec ceux qui savaient.

Débattre enfin sur les toutes les affaires : Rapts parentaux, le statut des binationaux, l’affaire Arrass, la double peine etc, cela pourrait franchement aider à clarifier cette psychose identitaire.

Et comme on balance entre ce refus constant du politique belge d’agir là où pourtant il se targue d’être d’une clarté irréprochable et l’ infatigable volonté du régime marocain à vouloir nous asservir et abrutir craignant qu’une conscience venue du nord ne déstabilise encore plus un régime vacillant. On s’éternise dans ce flou gaussien .C’est ça aussi avoir le cul entre deux chaises.

J’ai rechaussé mes ADIDAS depuis et il n’y a plus « d’autres ».

Aujourd’hui nous ne pouvons plus nous interroger sur ce que nous sommes, car Nous sommes !

Nous devrions plutôt nous interroger sur ce qu’ils étaient et pourquoi « sont-ils devenus » ?

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26. mars
2014
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Elle me fait des crises la coquine.

ob_8f99c7_emprunte-digitaleJ’étais heureux aujourd’hui, je marchais avec de la campagne ensoleillée plein la tête puis, comme une vieille blessure qui vous rappelle que vous n’en êtes pas vraiment guéris, je me suis souvenu que mon code barre n’était pas aux normes.

Mon identité a besoin d’assurance, elle me fait des crises la coquine.

Elle me demande avec qui j’ai passé ma journée et pourquoi je ne lui consacre pas plus de temps …

Et ce soir je me suis fait promesse de lui parler sans concessions.

Comme demain c’est congé, je me suis roulé dans l’herbe sacrée avec comme fond musical un morceau de Nass El Ghiwane et comme je parle avec mon identité quoi de plus opportun que : « Fine Ghadi biya Khouya » pour accompagner cette séance introspective.

Je ne vais pas pouvoir résoudre tous les méandres ni toutes les vicissitudes ni même toutes les turpitudes de la question …Mais promis je serai sincère, c’est un bon début et comme je souffre de dissonance cognitive je me dis, Oui c’est un bon début.

Le racisme.

-La Belgique est pluriel , Monsieur … ?

-C’est cela.

-Et bien moi je préfère rester au singulier.

C’est toujours comme ça, raciste de merde !

De toute façon, ils te niqueront toujours la gueule.

Le racisme belge est moins couillu que celui de nos voisins de la république.

Il n’en est pas moins présent, il s’affiche plus discrètement , plus hypocritement , plus tactiquement …

Moi j’ai toujours su qu’on ne nous aimait pas, qu’on dérange et que ma belgitude s’arrête là où celle de l’autre commence.

Ma marocanité c’est un peu pareil, c’est juste un peu plus compliqué car elle est intimement liée à un pathos douloureusement épicé.

On y trouve des sons, des odeurs, des liens indéfectibles et même du sexe, aussi bizarre que cela puisse paraître.

Le racisme est le rempart avec lequel je me suis construit une forteresse, un tas d’excuses renvoyant à votre humble serviteur l’illusion que la spéculation de l’échec potentiel n’est finalement qu’un symptôme de la pétoche.

La peur de l’échec donc, la peur de l’inconnu et enfin la peur de l’autre.

Le stéréotype du raciste lambda évoluant dans un environnement bleu marine est bien connu, celui des « racisés » est de la même essence mais est moins confessé.

Je suis un bougnoule partout, je le sais et alors quoi qu’est-ce qu’il y a ????

Racisme subit ou racisme infligé ?

En rentrant chez moi, je passe par l’épicerie me prendre du salami et une bouteille de Fanta , car boire du Coca-Cola c’est aider Israel … Moi je suis pas un traitre, je ne bois que du Fanta … 🙂

Putain 2,50€ la bouteille , sale crevard de Chleu7(berbères du sud marocain), wallah les Chleu7 c’est pire que Lihoud (Juifs), si un jour il y a une attaque aux armes chimiques à l’échelle planétaire, les seuls qui pourraient y survivre c’est les Chleu7, déjà ils sont petits comme des « Minimoys » et en plus je suis certain qu’ils ont dû certainement penser bâtir une ville souterraine pour les moins d’1mètre 40 où ils seront à l’abri avec tous leurs chaudrons remplis de pognon.

Une ville de chleu7 où ils pourront se niquer la gueule entre eux.

En sortant de l’épicerie, je croise mon pote Trésor.

Je sais pas si vous l’avez remarqué mais les congolais ont des putains de prénoms :

Trésor , Bijou , Espérance …

Mais celui qui décroche la palme de platine c’est : Fetnat

C’est troublant comme prénom, c’est juste la contraction de « Fête Nationale ».

A part s’habiller avec des couleurs qui flasheraient un canari et à boire de la bière, ils ne servent à rien.

Putain en plus ils chlinguent les blacks, avec leurs cheveux en mousse, leurs poissons séchés qui fouettent la bouffe pour chat.

Et il y a les Pakistanais des night-shop, qui ont créé une langue à eux : « le Paki ». Personne ne sait la parler mais tout le monde la comprend.

Font chier ces pakis qui passent leur nuit sous halogènes bon marché à s’en mettre plein les fouilles.

Ils te font regretter l’envie de t’acheter à bouffer à 4h du matin.

Déjà ça pue, ensuite ils t’explosent le « bestame »( Porte-monnaie) ces enculés avec leur tarifs abusés.

Et les gaouris (Blancs, occidentaux), c’est pas mieux, je me suis toujours senti supérieur à eux, ça doit être lié à un sentiment de vengeance du au passé colonial au Maroc. Bien que je ne l’ai pas vécu, je les encule tous ces bâtards !

-Allo !

-Bonjour

-C’est pour l’annonce de l’appartement.

-Oui !

-Est-il toujours libre ?

-Oui !

-Vous êtes Monsieur?

-Bouzian ( En prenant soin de retirer le E de la fin car sinon ça sonne outre-Méditerranée , Bouziane et c’est mort à l’avance, cherche même pas).

-Bouzian , Bouzian vous êtes belge Monsieur ?

-Oui

-Oui, mais êtes -vous Belge Belge ou Belge …?

-Oui, je crois , enfin je sais plus …

-Monsieur nous avons eu des problèmes avec des … Enfin vous comprenez.

– Ewa Sir 3and Mok , Kemcha d Khra Tfou 3lik A zebi (Va chez ta mère, sale vieille merde, je te crache dessus )

-Pardon ?

-Non, c’est rien Madame. Au revoir Din Dymek !

-… Au revoir Monsieur.

Y a pire que d’être cocu de sa femme, c’est qu’elle vous trompe avec un gaouri !

Tfouuuuu , avec leur bite en forme de trompe de fourmilier et leur odeur de jambon.

C’est mort bitch, un gaouri t’as touchée, tu resteras sale toute ta vie, Khlia Sel3a ! Wa daba 9awoud.(Marchandise de merde ! Maintenant dégage).

C’est tellement bon de lui mettre ça dans la tronche mais ça ne dure pas longtemps et ça évite aussi toutes les remises en questions.

Et au Maroc alors c’est pire.

A Tanger, ils t’ont foutu que des flics noirs, 3aziBalala qui ne savent pas terminer une phrase sans lâcher un Dinmouk .

« Déjà ici on dit DinDyimek et pas Dinmouk, Ya l3abid. ( esclave)

Ensuite se balader en uniforme avec un étui vide, c’est ringard Ya l’7mar.( Espèce d’âne)

Safi ils t’ont donné un costume et tu te sens plus, »pov type ».

Les marocains ont souvent un sérieux problème avec les noirs et les noirs marocains ont souvent un problème avec leur propre « négritude ».

Dites à un(e) noir(e) marocain(e) qu’il (elle) est noir(e) et vous entendrez des choses telles que, « moi non je suis pas noir, je suis juste bronzé(e) … » Un complexe qui mérite que des anthropologues s’y penchent.

« Redescends d’où tu viens bâtard, mais bien dans le sud genre Mali ou Sénégal ».

Et il y a les feujs (Juifs), alors eux ils décrochent le césar en titane !

Mais chuuut , moi je dois encore manger …

Raciste jusqu’au bout des doigts, peut-être même un peu plus que les autres.

Autant l’être bien avant de le subir, la pilule passe mieux.

Merde, le Maroc n’est pas qualifié pour le mondial au Brésil, tezzzz !

Mais l’Algérie y sera … Fuck !

La Belgique aussi !!

D’ailleurs la Belgique est dans le groupe de l’Algérie

Fuck, Fuck , Fuck !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Bordel, les choses sont toujours compliquées !

Je ne regarderai pas ce match de merde de toute façon.

Je vous emmerde tous au final.

Et là, je suis occupé à chier sur mon trône où c’est moi le boss.

Les pas comme moi je vous emmerde, comme aux échecs, j’anticipe c’est tout !

Le « racisé » veillera souvent à l’infliger à autrui.

Le raciste est souvent qu’un « ex-racisé » …

Mais alors qui de l’œuf ou de la poule a commencé ?

Qui a eu peur en premier…

Et entres-nous alors… ?

Entres-nous, c’est un peu moi contre toi mais toi et moi contre l’autre.

On a du racisme à revendre et il est plutôt bon marché, vu le paquet de frustrés qui nous entoure.

Vu qu’on justifie notre échec par la seule et unique présence de l’autre. Ça réconforte le temps d’une clope, le temps de trouver un autre coupable.

La chanson tourne en boucle :

« Ana Ga3 bnadem n bghi …. (Moi, j’aime tout le monde).

Ana man sit bLadi (Je n’oublie pas mon pays).

Ana man sit douari (Je n’oublie pas mon village).

Ana man sit 7iyati « (Je n’oublie pas ma vie).

Voilà ce qui nous rassemble vraiment.

La culture.

Sans culture, le racisme trouve un terreau fertile où il plonge ses racines, comme une crotte qui vous colle la semelle et qu’il est impossible de déloger.

Sans l’art et la culture, nous sommes voués à notre perte, c’est con dit comme ça, moi ça me paraît si évident.

Cet élément fédérateur qui de par sa force harmonise l’humain dans cette transe qu’il nous procure sans fin, pourrait être à lui seul une des définitions de la vie.

La culture devrait être logée au rang de pouvoir, car quiconque la maîtrise domine un pan considérable de la société.

« Donner leur de la culture de merde, cela vous évitera bien des ennuis ».

Enrichissez-vous de celle des autres car il n’y a d’humanité que dans le partage et dans l’apprentissage sur notre prochain. Nous demeurons l’égal de notre orgueil tant que nous ne pouvons le surpasser.

Voilà, chère identité, c’est une bien petite porte que j’ouvre aujourd’hui, il y en a beaucoup d’autres.

Continue à m’ harceler, je te promets de te parler plus souvent.

Hommage à tous les « racisés », ne devenez pas raciste. Armez-vous plutôt de culture authentique et contaminez-vous.

« Je viens de terminer de chier, j’ai tiré la chasse et j’ai fait un génocide de merde … Encore du racisme ! »

 » Certains passages du texte ne sont qu’humour de mauvais goût j’en conviens. »

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26. mars
2014
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On ne parle pas de politique chez nous …

ob_0e43b39bc1352034674e3a13681f1378_roi-du-maroc« -Monseigneur est beau …

-Est-ce que vous pensez vraiment ce que vous dites.

-Bah, je flatte. » (La folie des grandeurs)

 

On ne parle pas de politique chez nous, enfin si on en parle mais on ne parle pas de la POLITIQUE.

Celle qui détient les rênes du pouvoir, celle vers qui tout abouti : Le palais et le makhzen.

Aujourd’hui je suis ce jeune militant, des étoiles pleins les yeux et des aspirations pour mon pays, nous sommes en 2011.

En sortant de chez moi pour me rendre à la manifestation, mon père le regard fier me glisse en m’embrassant : « Tu es devenu un homme A Wouldi »(Mon fils).

Je suis ce jeune militant, le cœur rivé vers Carthage qui se dit : « et pourquoi pas nous« .

Plein d’espoir et d’amour pour ce Maroc que j’aime, ce soir je vais mourir.

2 heures après le début de la manifestation, je suis conduit au commissariat.

Ils ont couru pour m’attraper et il a bien l’intention de me le faire payer le moustachu huileux au regard à la croisée de la haine et de la perversité.

Je suis roué de coups à terre et l’un d’eux m’éclate la tempe entrainant ma mort.

Nous sommes en 2011, je suis mort et je ne verrai jamais mes compatriotes marcher la tête haute.

Louange à Dieu, Louange à Monseigneur,

Monseigneur comme je suis mort je n’ai plus peur … Comme je suis mort je me donne le droit de vous parler.

Après cette séance de torture écourtée dans laquelle l’un de vos barbouzes assermentés m’a tué et n’aura malheureusement pas le luxe ni le loisir de souiller mon rectum, pas de mon vivant en tout cas.

Tout est devenu clair dans mon esprit, à vrai dire ça a même toujours été le cas.

Monseigneur, les sempiternels conformistes se succèdent vous blanchissant de tous soupçons quand à ce qui se passe à l’ombre des palmiers dans le plus beau pays du monde.

Leurs chants sont insipides et leurs argumentaires sont creux.

Monseigneur, si il y avait encore de la graisse à palper dans mon cerveau, j’aurai peut-être pu encore entendre ces chants avec lesquels vous êtes plébiscité à chacune de vos manifestations inutiles. Non, mon cerveau est à la diète de la connerie et est aussi svelte qu’un marathonien.

Le Makhzen et les vôtres ont bien compris qu’un peuple instruit est une menace.

Mais tandis qu’ils font semblant de rester ignorants, le peuple est en train de gagner la guerre.

Voyez-vous Monseigneur j’ai été nourri à l’amour et à la dignité.

A l’amour, celui de mes amis, ma famille et même celui de mes ennemis.

Voyez-vous Monseigneur, je ne suis plus de ce monde et je n’arrive toujours pas à vous aimer, pourtant on a beau avoir le cœur chargé de rancunes, il parvient toujours à humaniser celui qui nous offense.

« …Sur les images dorées

Sur les armes des guerriers

Sur la couronne des rois

J’écris ton nom»

Mon cœur aime la liberté, il n’a pas de place pour les courbettes et ces » succulents » baisers aux mains qui faussement vous dérangent.

Comme chez nous les murs ont greffés des yeux aux oreilles, ils viendront chercher tous ceux qui, comme moi refusent de dire OUI, ils enfermeront tous ceux qui préfèrent courir une journée parfaite sur la terre plutôt que de supporter la soumission.

Monseigneur qu’est-ce la liberté pour vous ?

Je suis mort aujourd’hui et ils l’annonceront probablement dans quelques jours à ma famille et vous Monseigneur, oui vous, dans un élan inattendu m’offrirez des obsèques car Monseigneur ne peut être mauvais, vous êtes notre roi sauveur. Pourtant même mort, je n’arrive pas à vous aimer.

Dans ce Maroc où les parvenus écrasent les déshérités

Dans ce Maroc où le foutre des pervers a plus de valeur que des revendications de justice sociale.

Dans ce Maroc où la féminité candide est trop souvent brusquée.

Dans ce Maroc où il vaut mieux être né sous le bon nom.

Dans ce Maroc où, vous Monseigneur utilisez la religion comme moyen de légitimer votre place dans ce simulacre d’état de droit.

Dans ce Maroc ankylosé par votre féodalité humiliante.

Vous avec le makhzen, cette entité obscure qui vous utilise comme symbole.

Monseigneur, ma mort vaut bien ce coup de gueule … ?

Vous m’avez tué ce soir et je prie le Seigneur pour qu’il ait pitié de vous car sauf votre respect, moi je n’y arrive plus.

Vous avez souillé tout ce que vous touchez et vous le savez et comme le machiavélisme est une sorte de label familial, vous avez vidé de toutes substances humaines l’art populaire, celui qui pousse à une certaine conscience, celui qui fait de nous des individus libres.

Monseigneur, qu’est-ce la liberté pour vous … ?

« Sur chaque bouffées d’aurore

Sur la mer sur les bateaux

Sur la montagne démente

J’écris ton nom »

Vous avez tout acheté même ce qui n’était pas à vendre et lorsque vous n’y parvenez pas alors votre visage apparait au grand jour. Il est vil, tortionnaire et lâche.

Grattez vos cols blancs et mettez de l’ordre dans vos rangs, » les soudoyés » impayés seront vos pires ennemis.

Makhzen ou monarchie je me fous de savoir qui est responsable, vous demeurez les responsables et les ennemis des libertaires qui sont morts, qui meurent et qui mourront. De leur sang versé sur la terre sacrée jailliront des effluves arc-en-ciel au nom de la liberté.

Je vous souhaite, Monseigneur, des insomnies à vous rendre fou et que la chair de votre chair vous regarde avec mépris, mépris avec lequel vous nous traités.

La justice triomphe toujours et vous le savez mais vous fuyez et cela vous essouffle.

Jusqu’au jour où votre pouls se fera moins harmonieux, moins régulier et que l’heure du rappel sonnera, regardez bien au-dessus de votre épaule je ne serai pas loin.

Vous voilà, Monseigneur …

Vous voyez Monseigneur comme ils se bouffent dès votre départ, regardez au fond de leur conscience vous n’y verrez que du dédain à votre égard.

En ce jour de deuil, seule votre mère vous pleure vraiment Monseigneur.

Votre mort fût douce comparée à la mienne.

Mais sachez qu’ici on ne triche pas Monseigneur, ici on n’achète pas.

Maintenant que nous sommes égaux et que je vous ai tout dit, je vous laisse Monseigneur, ils viennent vous chercher et n’ayez pas peur. Aujourd’hui vous êtes devenu un homme.

« Et par le pouvoir d’un mot

Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté « 

Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942

 

« La critique wakha mais faut pas déconner !

A sidi, encore une chose à vous dire :

J’ai ouvert les yeux dans un pays où s’exprimer n’est pas punissable et où le sens de la critique est perçu comme une forme d’intelligence. »

Mais ça, ça sera pour une autre fois.

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26. mars
2014
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Une goutte d’eau dans l’océan de l’ingratitude des hommes

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On croit toujours que c’est le premier amour, surtout adolescent. A chaque fois c’est comme la naissance d’une nation. Comme une virgule mal placée qui change le cour d’une phrase et qui vous ouvre les yeux sur la réelle puissance des mots, la réelle puissance de la vie.

– » On se connait ! »

-« Non ».

-« Maintenant si.  »

C’est d’un mauvais, mais d’un mauvais et pourtant elle répond.

Merci de tolérer les heures qui viennent où je vais déblatérer inepties sur conneries, mais promis je le ferai avec humour.

Elle est belle, pleine de féminité et chacun de ses sourires est une nouvelle victoire.

On commence par les traditionnelles questions :

Première question : « Tu es marocain ? »

Deuxième question : « Tu es né ici … ? 🙂 ». Classique de chez classique.

Par l’affirmative à deux reprises, nous entamons donc cette parade qui nous plonge le temps qui nous est accordé dans la dimension planète love ou même la cheminée de la déchetterie de Bruxelles a un certain charme.

Il fait beau cet hiver, j’ai 18 ans et je crois que je vais découvrir l’amour.

Au bout de 15 minutes, je veux être son essentiel, sa moitié, son tout.

Elle adore rire, du coup je la fais rire comme pour nous évader.

Comment ai-je fait pour vivre sans elle ?

Notre discussion pouvait débuter :

« -Tu pries ? »

« -Non. »

« Moi, mon mari sera un bon musulman. »

« -????? »

-Euh je te le souhaite.

-C’est quoi un bon musulman?

-C’est quelqu’un de bien, qui craint Dieu, qui prie et qui a la foi …

2 jours après c’était fini.

-« Tezzzz ».

Pas assez musulman peut-être mais surtout pas de voiture pour la faire vraiment rêver.

Elle finira par se marier avec un belge qui a du se convertir et s’est fait circoncire à 26 ans. Au moins il y a une justice …

Malgré cette circoncision post-maturée, sa famille à elle, ne l’acceptera jamais.

Alors pourquoi en arriver à cette négation de soi ?

Pourquoi imposer à l’autre ce que nous refuserons qu’il nous impose !

Qui a raison, qui veut avoir raison, qui croit avoir raison ?!

« Critiquer n’est pas condamner, c’est comprendre la réaction qu’adopte l’autre là où vous auriez réagi autrement. »

Moi je la veux marocaine, Kholota qui se lache (Kholoto ou Kholota est le terme attribué aux belges d’origine marocaine à l’instar des beurs en France). Qui trouve le bon milieu, l’alchimie parfaite entre terroir culturel, humanisme, ouverture d’esprit et grâce sensuelle. Qui les manie avec classe et fierté comme une danseuse de flamenco.

Je veux qu’elle soit parfaite sans se soucier si moi je le suis. « Clairement macho ».

Mais il y a cette part de machisme justement dosé avec lesquelles composent les méditerranéennes. Une sorte de pacte tacite entre la femme et l’homme qui trouve ses limites dans un cadre fixé par ces Dames et heureusement. Conscientes qu’à l’abri de tous, elles tolèrent maternellement que nous leur versions le soir, dans leur robe, des larmes d’enfant roi.

Nous restons des enfants en qui elles croient.

Elles font de nous des hommes et parfois au détriment de leur propre féminité.

Femmes, nous savons qui vous êtes et c’est aussi pour ça que nous vous aimons.

Et ici c’est pareil, c’est juste qu’on est trop à l’étroit. On a besoin d’air, de sortir le ghetto de notre cerveau. Et c’est souvent une femme qui nous donne la force et le courage de le faire.

Et puis il y a elle …

Elle est joliment marocaine, les yeux clairs, des petites taches de rousseur, un teint naturellement ensoleillé. Une douceur dans ses mots, un regard envoutant.

Elle sait qui je suis, comment et pourquoi.

Patiente, à chaque fois au coin de la rue c’est elle qui me regarde, je la regarde une seconde.

« Waw… »

Je suis trop timide pour faire le premier pas, trop con aussi.

Les mecs du quartier sont insensibles à cette suavité, mais moi je sais.

Des fois je la croisais devant la porte, raclette à la main le pantalon légèrement remonté, je la regardais nettoyer et c’est beau. C’est elle !

Voir une femme qui nettoie, ça plait à beaucoup d’hommes, c’est universel, voir une femme qui nettoie toutes connotations machistes à part, c’est un foyer rassurant, voir une femme qui nettoie ça me replonge encore dans ce statut d’enfant.

Je la trouvais belle au naturel et elle le savait.

« Pourquoi tu ne viens pas me parler » me dit-elle ?

Et là, le con dans toute sa splendeur lui répond :

« Qu’es ce que t’as … j’ai rien à te dire ».

Voilà ce que l’adolescent post-pubère a répondu face à celle qui le rendait dingue depuis des années.

Le con … Depuis, je recherche celle qui comme elle me fera swinguer les intestins.

Car j’aime cette féminité, au parfum de fleur d’oranger, au sourire radieux d’un doux matin.

Je veux que chez moi, ça sente le cumin et la coriandre et que ce sourire ne quitte jamais cette bouche.

Ma vie est bourrée de fautes d’orthographe, il me faut un correcteur, je veux que ce soit elle.

J’admire cette dignité avec laquelle ces femmes se battent au quotidien.

Messieurs les branleurs nous sommes des lâches qui s’ignorent et elles ont la décence d’éviter de nous le rappeler, elles ont la décence de nous aimer, elles ont la décence de nous élever.

Renaud disait dans Miss Maggie : « … ce n’est pas d’un cerveau féminin qu’est sorti la bombe atomique et pas une femme n’a sur les mains le sang des indiens d’Amérique… »

Le monde a besoin des femmes et chez nous peut-être plus encore.

Considérez ce papier comme une ode pour la femme et particulièrement pour la femme marocaine, en évitant de me vautrer dans « le misérabilisme victimaire » d’une femme marocaine constamment oppressée entre le poids de la société et du patriarcat, ça je le laisse pour Envoyé Spécial.

Et en lisant déjà certaines qui me diront, « mais moi je suis épanouie et libérée et articule aisément tradition et modernité dans ce Maroc en mutation » … Pffffffffffff !

Je parle de celles qui souffrent la tête haute dans l’indifférence totale.

Je parle de ces femmes mulets qui transportent à la sueur de leur front des paquets qui dépassent souvent leur propre taille du côté de Sebta.

Je parle de ces filles condamnées à épouser leur violeur. Une normalité déconcertante qui a poussé plus d’une à se donner la mort.

Je parle de l’injustice d’un système qui légifère sur base de préceptes religieux inégaux.

Moudawana mon cul ! La moudawana c’est comme une couverture mutuelle multi-risques, il n’y a que celles qui peuvent se la payer qui en bénéficient.

Je parle d’un poids qui écrase, qui froisse toutes expressions de féminité en l’accusant d’être l’œuvre du malin.

Je parle de ces femmes qui sont bonnes de mère en fille et qui restent des spectatrices du bonheur des autres.

Je ne supporte pas l’exploitation de l’homme par l’homme et encore moins de l’homme sur la femme.

Je veux dire mon profond respect aux prostituées, catins, putes, 9hab (pute en dialecte marocain), qui servent de soupapes dans des sociétés ou la frustration sexuelle est mère de tous les vices. Qui nous connaissent, nous les hommes, nous vendant leurs corps et plus encore.Leur humanisme, c’est un diamant brute.

Pardonne l’homme qui devient fou, il scie le matelas sur lequel il couche, se tire une balle plutôt que de prendre son pied. Il se cache à chaque montée d’émotion et se sent profondément seul dans sa carcasse.

Pardonnez ces fous de l’obscure, qui déshumanisent les Livres accusant le cuir chevelu, une poitrine ou un bout de cheville, d’invitation à la débauche.Cela ne peut-être obscène que dans les yeux d’un pervers.

Pardonnez-nous, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Je reviens sur cette beauté, cette amazone des bas quartiers au coin de ma rue.

Elle aurait fait de moi un homme et elle aussi détriment de sa féminité, je le sais. Quand on aime dans le sud, on aime avec ses tripes, c’est puissant, ça peut faire mal.

Pourtant je ne lui ai plus jamais parlé, je me suis contenté de la regarder grandir.

Jusqu’au jour où j’ai assisté à son mariage du haut de mon balcon …

Elle a l’air heureuse et le con que je suis lui en veut.

Ce papier est une goutte d’eau dans l’océan de l’ingratitude des hommes.

 

 

« -Monseigneur est beau …

-Est-ce que vous pensez vraiment ce que vous dites.

-Bah, je flatte. »

Mais ça, ça sera pour une autre fois.

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26. mars
2014
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Partout où brille le soleil d’Allah (2ème partie et fin).

ob_c44a7c_pid-870354-61650a64-415e-11e3-89b1-6f224fddecf1-wViolente douleur stomacale liée au stress, j’ai passé les 3 heures de vol recroquevillé sur moi-même à me replonger dans des souvenirs, ceux que j’ai partagés avec mon frère.

Et comme nous volions vers le Maroc, je me remémorais toutes les anecdotes cocasses de voyages.

Le bled, il en avait été plus au moins dégouté depuis l’histoire du fameux mariage arrangé avec ma cousine Salima.

Une combine tractée entres les parents, qui d’une part voulaient sortir la fille de la misère offrant un nouveau pont entre là-bas et ici et d’autre part stabiliser Saïd qui découvrait les débuts de l’excitation de son métabolisme cérébral.

Un mariage qui se solda par la plus grande crise que notre famille connut.

L’avion est plein, il fait chaud je regarde à travers le hublot et je vois Saïd …

« J’ai fait le con frangin, … Je vous aime »

Reviens …

Ma mère et mon père sont assis devant moi.

Moi je suis assis à côté de mon grand-frère Mohamed.

« Mohamed … ? »

« Hum … »

« Non, rien »

« Dis-moi »

« Rien, Mohamed, je vais dormir »

« Ok, mets ta tête sur mes épaules et dors, on a une longue journée »

Ce que je voulais lui dire, c’est qu’il arrête la drogue ! Je voulais lui dire que ce n’est pas bien, je voulais le prendre dans mes bras et lui dire : « Tu vois ce que ça fait ! »

Mais rien du tout, je me suis enfoncé dans mon siège et je l’ai regardé.

Mohamed à mon père :

« Ba wach 3ami Abslam ghadi 7dar l’ Gnezza ?» (Papa, est ce que l’oncle Abslam sera présent aux funérailles ?)

Mon oncle Abslam était « Cheikh », l’équivalent d’un genre bourgmestre, et comme tous les représentants du pouvoir au Maroc, c’était un voleur et mon père le haïssait.

Mon père :

« Sma3ni mezziane, ma Khsna sda3 , ndefno Khak bi salam ou bla Sda3 , Wach fhemti awla la ??? »

(Ecoute, je ne veux pas de boucan, nous enterrons ton frère dans la paix et sans boucan. M’as-tu compris ??)

« … »

« Wach fhemtini !!!!! » (Est-ce que tu m’as bien compris !!!!!)

« Wakha Ba , bla ma t 3asseb » (Oui papa, ne t’énerve pas )

L’oncle Abslam, ce bâtard a juste dépouillé mon père, avec l’aval des autorités.

La parcelle de la terre de mon père avait déjà été vendue 2 fois et par une entourloupe makhzénienne, notre maison , cet « illustre représentant » l’a tout simplement volée, en tronquant les papiers de manière éhontée.

Mohamed :

« Fils de pute … le fils de pute ! »

Ma sœur Kenza :

« Ewa safi Mohamed »

« Chouff » me parle pas toi, si je vois sa gueule ou ses gosses … Je l’encule ce fils de pute ou « n’lssa9 Din Dyemeh fil 7ayt » !!! ( et je vais coller sa mère contre un mur !)

Mohamed est très très nerveux

Ça y est, atterrissage …

3 h plus tard, la famille s’est réunie dans la maison de ma grand-mère à Melloussa près de Tétouan.

Il y avait la famille sincère, la famille hypocrite et la famille « Viens là que je te gratte tout ce que je peux ».

Il y avait des cousins, des cousines, des amis d’amis. Des visages jusqu’ici encore jamais vus.

Le corps est arrivé à la maison.

On s’apprête à lui faire la toilette mortuaire avec mon père, mon frère et l’oncle Mohamed.

L’oncle Mohamed représentait à mes yeux le Maroc dans toute sa marocanité.

Un homme juste, dignement pieux qui avait une noble qualité, celle de vous sortir des phrases qui vous travaillent l’esprit des années durant.

Un homme qui marchait la tête haute, le regard vif du sage, qui du haut de son âge était d’une humilité déroutante.

Il fumait le Sebssi (une sorte de pipe à kif) et adorait la nature. Un marocain comme seul le Maroc pouvait fabriquer.

Il appartenait à la confrérie des Aissawa et m’emmenait, alors gamin, dans leur soirée de transe infatiguable au son de la Raïta du Tbal et du Bendir (Trompettes et tambours typiques du Maghreb).

Mon père l’adorait et moi aussi.

La toilette mortuaire est un moment que j’ai appréhendé mais qu’il n’aurait fallu que je ne rate à aucun prix.

Une tradition belle, d’union, de fraternité et d’égalité.

Nous étions 4, à lui donner de l’amour par ce geste profond et si authentique.

C’était beau, fort et intense. Et dans son linceul blanc, Saïd est beau.

La maison est encerclée, le cortège funèbre va bientôt démarrer.

Et c’est à ce moment précis que je me suis fait cette réflexion :

« Mais pourquoi va-t-on l’enterrer ici … ? »

Pourquoi, putain de merde on va l’enterrer ici ! »

Autour de moi je ne connais personne ou si peu.

Où sont les meilleurs potes de Saïd, il est ou Diégo « portugais » qui jouait de la basse dans un groupe près de place Annessens ? Ses potes du mini-foot, sa copine Nathalie, qu’on a laissée en pleur à Bruxelles sans réponses, sans explications.

Où sont-ils bordel ?

Vous êtes qui vous ?? Pourquoi vous chialez, vous ne le connaissiez même pas.

J’ai besoin de me retrouver, Mohamed tu es où ??

Il porte le cercueil avec des cousins, il pleure de rage et de colère.

« Kenza , Nabila ? »

Elles sont au fond du cortège funèbre car, selon la « tradition », les femmes ne peuvent pas entrer dans le cimetière lors de la mise en terre !

« C’est quoi ce bordel ! »

Et là, j’ai pété un plomb, je ne contrôlais plus rien.

« Saïd !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ».

« Putain Saïd !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! ».

« Lâche- moi toi, me touche pas ou je t’éclate ! ».

Je me suis rué vers le cercueil comme pour le sentir une dernière fois, je l’ai serré si fort en hurlant son nom.

Des personnes ont tenté de me faire lâcher prise.

Certains demandaient à mon grand-frère de me calmer, il ne les écoutait pas, il m’a laissé vivre à ma manière, il m’a laissé lui dire adieu et menaçait quiconque qui tenterait de me faire écarter de mon frère.

Je lâche le cercueil, je les laisse, en sortant du cimetière je vois l’attroupement de femmes en marge de la cérémonie funèbre.

Je me retourne et redescends vers la maison.

Je vomis, je rentre, monte sur le toit, on entend encore d’ici les récitations coraniques funèbres.

Je me couche sur le sol encore chaud.

Et je me laisse aller avec cette question qui commence à m’obséder. Pourquoi l’a-t-on enterré ici !

C’est à mes parents qu’il aurait fallu poser cette question. Je ne voulais pas le faire, je n’osais pas le faire.

Mes sœurs en parlèrent avec ma mère et comme d’habitude, ses réponses furent :

« Il faut le faire, c’est comme ça, c’est Hallal, c’est un sol pur pour les musulmans, c’est le sol de nos ancêtres … ».

Par contre, mon père aurait pu accepter qu’il soit enterré en Belgique. Il s’était armé d’un laïus qui clouait le bec à tous.

Du genre : « Partout où brille le soleil d’Allah, tu reposeras en paix ».

Balaise mon père, « cet artiste qui s’ignore » !

De retour sur ce toit, il fait très chaud et le vent souffle, comme pour soulager, il souffle comme pour effacer.

« Je veux faire de l’économie au gaspillage et que mon passage sur terre SOIT !

J’ai envie de vie, de vie autour de moi.

J’ai envie de déshabiller nos coquilles, je veux du vrai, de » l’authentiquement » vrai.

Je veux de l’amertume utile, qui grandit celui qui la goute.

Je veux être parmi les présents.

Je veux organiser une cabale contre le défaitisme et signer un contrat sur le pessimisme.

Je refuse d’être victime et « ne mourrais pas en gibier … »

Je veux que mes ennemis m’aiment.

Je veux que la drogue m’aime comme Saïd l’a aimée. Je veux qu’elle m’aime en me préservant d’elle et qu’elle préserve ceux que j’aime… qu’elle se shoote la gueule et qu’elle crève cette pute !

Je veux du soleil dans les vêtements.

Je veux que le passé se charge de mon futur.

Je veux rentrer chez moi, et je veux ramener le corps de Saïd avec ! »

 

«- Salut, on se connait ?

– Non

-Maintenant si … »

Mais ça, ça sera pour une autre fois ! »

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26. mars
2014
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Blondin, qu’est ce que tu as fait …(1ère partie)

 

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Moulana N’ss3a w Ridda9 , Wa3la Bab Wa9ifine …

… Ya Ar7ame Ra7imine … (chant funèbre marocain)

Ce mardi 29 juin à 11h, Saïd mon frère est mort d’une overdose d’héroïne seul dans sa chambre.

Ce mardi 29 juin marqua un tournant décisif, ma vie sera peut-être merdique, mais elle sera sainement merdique.

Tout commença par un cri jusqu’ici encore jamais entendu, celui de ma mère qui s’arrachait les cheveux en descendant les escaliers .Puis mes sœurs et mon père et nous voilà, à 6 autour de ce corps encore tiède, regard crispé qui fixait le plafond.

Ma mère entonnait une sorte de chant funèbre, ou les paroles semblaient improvisées sur le moment et ponctuait chaque couplets par des :

« Ya wlidi , Wa Wlidi, wa Wlidi » (Mon fils , mon fils …)

Mon père répétait sans cesse :

« Inalillah wa ina ilayhi raji3oune » (A Dieu nous sommes et à Dieu nous revenons) qu’il accompagnait de versets coraniques.

Mes sœurs en pleurs, moi pétrifié et mon tout grand frère (Mohamed) coucher au sol, à côté du corps de Saïd, le serrant contre lui et lui disant dans le creux de l’oreille :

« Mais qu’es ce que t’as fait blondin, mais qu’es ce que t’as fait Saïd … » (blondin était le surnom de Saïd car il était le plus clair d’entre-nous, ses cheveux devenait blond au soleil. « Blondin » c’était aussi le nom de le Clint Eastwood dans le bon la brute et le truand, mes frères étaient de vrais fans de ce film).

Je ne sais pas combien de temps cela a durer, je ne sais pas à quelle heure exactement les premiers voisins arrivèrent pour les condoléances, je ne sais pas à quelle heure ni qui de Kenza ou Nabila (mes deux sœurs) ont prévenu l’ambulance.

Je sais que mon frère est mort, et que nous sommes tous les six réunis autour de sa dépouille le pleurant à cœur ouvert.

Ma sœur Kenza me prend dans ses bras, je me serre contre elle, mais je suis incapable d’expulser le moindre mot.

Mon père nous regarde, avec ce regard qui ne le quittera plus jamais, celui d’un homme sur le point d’enterrer son fils.

Ce mardi 29 juin mon frère est mort et je ne sais rien dire, ni rien faire …

Je m’approche du corps avec une émotion qui me noue la gorge, me glace le sang. Mon père me tient l’épaule, on s’abaisse à deux …

« Saïd … Saïd … Saïd, qu’es ce que t’as fait ? » lui dis-je.

Je fixe son visage et le temps semble s’être arrêté. Je crie au fond de moi-même, je crie de rage et de colère, j’en veux à tout le monde !

Je lui en veux, j’en veux à mon père avec lequel ses relations étaient au point mort, j’en veux à mon frère de l’avoir laissé seul, je m’en veux de ne pas être passé dans sa chambre, je nous en veux à tous et pour la première fois j’en veux à Dieu en lui exprimant ma colère face à ce rappel prématuré !

On sonne à la porte, des femmes en blanc pleurent, la nouvelle s’est répandue très vite.

La cuisine est prise en main par les mères du voisinage.

Ma mère fait syncope sur syncope et est entourée par mes 2 sœurs, mon frère et mon père ont disparu.

Moi je suis seul, entouré mais seul, mes amis du quartier, les Suarez, les algériens, toute la rue est là puis arrivent, les tantes et oncles, les cousins et cousines.

J’ai froid, pourtant il fait chaud, j’ai soif non faim, en fait je veux dormir.

A partir de là je ne me souviens plus.

Quelques heures plus tard mon père et mon frère débarquent à la maison le visage froid, le visage de l’insensible trop préoccupés pour se laisser submerger par l’émotion.

Ils viennent de régler l’administratif, on décolle dans 2 jours pour rapatrier le corps à Tanger.

Le soir, nous nous rendons tous à la Mosquée, je prie mais je suis toujours en colère contre Dieu et dans ma prière, je Lui parle et après ma prière je Lui parle encore et encore mais rien n’y fait,Il n’arrive pas à me consoler.

Passant de la colère à la tristesse de l’incompréhension à un fatalisme relatif, je suis épuisé, excusez-moi je dois dormir.

Le lendemain matin au réveil, durant 1 seconde qui m’a paru une éternité, je croyais ferme que tout ça n’était qu’un mauvais rêve … Puis, réalisant que c’est bien vrai, c’est un nouveau choc qui vous revient en pleine tronche.

Je ne souhaite qu’une seule chose, c’est me rendormir, pour fuir à plus tard.

Je me réveille et descends, la maison est pleine des tantes, des oncles des amis pleurent, m’embrassent, je file à la cuisine, les femmes n’ont pas dormi. Elles ont cuisiné toute la nuit avec ma mère.

La période funèbre chez nous s’étale sur 40 jours, durant lesquels les gens viennent adresser leurs condoléances .Même dans cette tragique événement, ma mère voulait faire et faire encore plus, pour ne pas qu’on dise ceci ou cela.

Il faut c’est comme ça, il faut faire car la maison ne désemplit pas.

Les « 9alb Sukar » (Sucre en gros morceaux), les bottes de menthe et autres condiments que l’on apporte traditionnellement à ces tristes occasions remplissent le couloir d’entrée.

Je dois voir mon père, ou est-il ?

Le voilà, devant la porte.

« A Ba yalla n’tmechaw chwiya » (Papa, viens faire un petit tour)

« Wakha,Yalla Wouldi » (D’accord, allons-y mon fils)

On se mit à marcher dans un silence « particulièrement bavard »… Durant cette marche pas un mot, pas un seul, ne sortis de nos bouches. On marchait, il fait chaud , je n’osais pas le regarder. On marchait et on se parlait la bouche fermée.

J’en ai eu la certitude, lorsque de retour à la maison, il ouvrit la porte me regarda dans les yeux et eut ce léger sourire. Je compris que l’on s’était compris, ce fut la discussion la plus intense de ma vie.

Qu’est ce qu’on s’est dit…? Beaucoup, beaucoup de choses …

Tout ce que je peux vous dire, c’est que ce jour-là j’ai ressenti l’essence de la sensibilité de mon père.

« Mon père cet artiste. »

Ma mère était trop prise par les lourdes taches « qu’elle s’auto-infligeait. »

« Yema … »(Maman)

« A wouldi … Fik Jou3 »(Oui , mon fils… tu as faim)

“La a yema” (Non maman)

“ Mchi t’rte7 chtito , ghada …( Va te reposer demain nous …)

« La a yema chouffi fiya » (Non maman regarde- moi)

« khalini fi had se3a, a wouldi » (laisse-moi pour le moment, mon fils)

Hermétique ou trop à fleur de peau, je ne voulais pas fuir ce que je considérais comme être essentiel, voir vital pour entamer notre deuil familial. Je voulais donner et recevoir des marques d’amour.

Ma sœur Kenza, assista du coin de l’œil à cet échange avec ma mère, elle s’approcha de moi avec l’assurance de celle qui a tout saisi et qui me sentais un peu perdu avec ma propre mère. Elle me prit moi et ma mère dans ses bras .Ma mère s’effondra sans pleurer dans nos bras, elle rendait les armes, lâchait prise … Ma grande sœur Nabila nous rejoint. Que ça fait du bien !

Nous étions à quatre et nous entamions notre deuil :

« Allah y Ghatikoum Bel Rda, ya wouladi » (que Dieu vous bénisse mes enfants)

“Ou ntina, ila chouftek kat 7adi had l’moussiba ….!!” (Et toi (en s’adressant à moi) si je te vois toucher à cette saloperie….)

“Safi yema, safi yema” (C’est bon maman (ne t’inquiète pas))

C’est là qu’avec certitude, je puis vous assurer que mes parents comprenaient parfaitement, que mon frère décédé se droguait et que c’est l’overdose d’héroïne qui a eu raison de lui.

Pour les gens du voisinage qui le savaient pertinemment par contre, mon frère est mort d’une crise cardiaque … C’était comme ça, il y a des choses que tout le monde sait mais feint d’ignorer…

Pourquoi, cette overdose ?

Pourquoi ce mal-être ?

Pourquoi la drogue ?

Quelques années plus tard je me suis construit une explication.

Ça n’est pas l’explication, c’est simplement mon explication que je vous livrerai dans un prochain papier.

Il est tard, je monte dans ma chambre, je m’adresse encore une fois à Dieu en lui disant que là ou il avait failli mon père,ma mère, mes sœurs et mon frère avaient réussi.

Notre deuil familial pouvait se faire, mais pour moi ça sera sans lui.

Je m’endors, car demain on part tôt au Maroc pour le dernier voyage de Saïd.

 

« marhbabikoum fi matar Tanger Boukhalef »

(Bienvenue à l’aéroport Tanger Boukhalef)

Fin 1ère partie

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26. mars
2014
Non classé
0

Laissez-moi seul …

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-« Qui a fait ça !!! »

-« C’est pas moi Madame ! »

-« Tu mens, tu mens Stéphanie et Pierre ont dit que c’est toi ! »

-« Dans ma tête, en mon moi profond, « Et wa Mchi T’Khraa 7ta Ntina ! » (Va à la merde toi aussi!). »

J’ai 12 ans, « sur dopé » par cette énergie juvénile à profusion qu’il m’est impossible d’évacuer complètement tant elle foisonne. Jusqu’au jour, ou elle finit par exploser dans mon slip !

Ça y est je suis homme !

Depuis cette extraordinaire éruption, je savoure la solitude, je me délecte de l’isolement bien à l’abri du regard de tous, à jouer avec mon meilleur ami du moment.

Je commence à mesurer La mission qui nous incombe sur cette terre et me surprends à regarder mes voisines avec la tendresse du « male » en devenir.

C’est dans cette période merveilleuse sur le plan émotionnel que mon réel premier rendez-vous avec la connerie humaine a eu lieu.

On est en classe, en 1ère secondaire tout excité de quitter la cours des petits ou nous étions Grands et de rejoindre celle des grands ou l’on se sent moins petit.

Le matin, j’imbibais mes vêtements avec l’after Shave de mon père, qui s’en rendait bien compte et qui faisait exprès d’en parler à ma mère en ma présence.

Mais ma mère, c’est mon bouclier humain, mon « Ban Ki-Moon » à moi. Dès que mon père voulait me donner la raclée, qui était souvent bien mérité, elle s’interposait avec grâce et subtilité comme une résolution onusienne, que mon père, lui au moins, mettait un point d’honneur à respecter.

C’était d’ailleurs, dans ces rares moments que l’on pouvait apercevoir un geste de tendresse entre-eux. Une main sur le front de mon père ou sur son épaule :

« Et wa safi fhem rasso … Fik Jou3… ? » (Calme toi, il a compris … As-tu faim ?)

Et ça marchait toujours, doublé du fait que j’étais le dernier de la famille, chouchou de mes sœurs qui me couvaient anormalement.

Je dis ça car elles en avaient chié avec mes deux grands-frères et j’aurai attendu logiquement de leur part, une attitude plus revancharde sur la junte masculine, à mon égard, que du contraire !

Mes frères avec moi, c’était selon l’humeur. Il y avait une faible différence d’âge entre- eux et ils étaient inséparables et redoutables.

Il ’y a pire qu’un homme qui n’a pas peur de mourir, c’est 2 frères qui n’ont plus peur de mourir.

Enroules, bagarres, prison. Ils ont marqué au fer le quartier avec notre nom de famille.

Trop instables pour tomber dans le grands banditisme, et trop humain pour devenir criminel.

Ils excellaient dans « La petite frapperie ».

Ils voulaient faire de moi un homme avant l’âge mais ça c’est une autre histoire !

Chaque matin donc, je partais toujours plus tôt de chez moi pour l’école et au coin de la rue, je rejoignais Manu (Manuel) «l’ Espagnolito » que je connaissais depuis les bacs à sable et avec lequel nos 2 familles s’étaient tissés de liens profonds.

Ma mère et la sienne bossaient dans la même société de nettoyage, son père et le mien prenaient souvent le thé au café « Andalous » du quartier, une sorte de café marocain à l’ambiance andalouse dans lequel on pouvait si l’on penchait l’oreille, savourer le parler typiquement « Chamali » (du nord du Maroc) emprunt de darija, de berbère et d’espagnol.

Et ses frères se défonçaient la gueule avec les miens, dans la cour intérieure à l’entrée de la casa des Suarez.

La famille quoi …

A cinq (mes deux frères et les 3 grands frères Suarez),ils avaient déjà extorqué tous les dealers du croissant pauvre à Bruxelles.

(Le croissant pauvre est cette appellation donnée aux communes bruxelloises qui forment un croissant sur la carte de Bruxelles : Ces communes sont : Molenbeek-Saint-Jean, Saint-Gilles, Schaerbeek, Saint-Josse Ten-noode, Anderlecht).

Marrant comme appellation … Non ?

Ces communes abritent les quartiers populaires et je vous le donne en 1000, nous vivions dans l’une d’elles.

L’histoire de l’immigration espagnole bruxelloise à croisé l’histoire l’immigration marocaine. Des liens logiques de par le passé colonial de l’Espagne au Maroc d’abord, puis de par son implantation géographique dans la capitale belge. Croisé, oui mais dont l’évolution prendra un parcours différent du nôtre.

Les andalous, c’était un peu des marocains d’Europe, les habitants du nord marocain des espagnols d’Afrique …

Ils étaient forts présents et actifs dans mon quartier et tenaient un centre culturel, qui servait aussi par la même occasion de façade pour écouler la came.

Organisés en véritables corporations de corps de métiers (Plomberie, Chauffagerie, électricité …) et majoritairement imprégnés par cette conscience politique des « ROJO », les rouges, les communistes quoi.

Le pays sortait du régime fasciste emmené par « le Caudillo de España por la Gracia de Dios ! » (Le guide de l’Espagne par la grâce de Dieu, lisez le Générale Franco) et l’Espagne commençait à parler, à lever la tête, commençait à vivre …

Revenons à mon meilleur ami du moment, avec qui je passais des heures et des heures planqué avec un magazine de lingerie ! Il me fallait si peu pour être heureux.

Des moments d’évasion idyllique accompagnés de petites morts qui durent le temps d’un couple inspiration/expiration.

Les femmes m’obsédaient. Ce que mon ainé d’une dizaine d’année, Saïd, a très vite compris et interprétait justement mes disparations intermittentes.

« Et wa Khalé Zenéta t’Rte7 Chtito … A l’3afrit ! Rak Mbl’i Fi l’Pakha Awla ? »

(Laisse ta queue se reposer un peu petit 3afrit, t’es obsédé par la branlette ou quoi ! (3afrit intraduisible 🙂 ).

Il me disait, que pour ce qui était des femmes :

« Ne t’inquiète pas elles baisent toutes et au plus elles te diront qu’elles ne couchent pas au plus tu peux te dire c’est une « 3afrita! » ».

Moi, je ne pouvais me référer qu’ à ce qu’il disait, on a tous chercher après son coach sexuel à cet âge-là , le mien c’est Saïd et c’était mon grand-frère …

-« Qui a fait ça !!! »

-« C’est pas moi Madame ! »

-« Tu mens, tu mens Stéphanie et Pierre ont dit que c’est toi ! »

-« Dans ma tête, en mon moi profond, « Et wa Mchi T’Khraa 7ta Ntina ! » (Va à la merde toi aussi!). »

Un vol de plumier en classe et ça y est, les têtes de turc c’étaient moi ou Jamel ou Bilal.

Lorsqu’on est gamin on ne comprend pas vraiment le racisme, mais on sent que ce qui est en train de se passer est anormal, on se sent diminué, vulnérable, impuissant et ça vous marque à vie !!!

« C’est pas moi, Madame je vous ai dit que je n’étais même pas là »

« Toute la classe sera privée de récréation tant que parmi ces 3 coupables il n’y en a pas un qui veuille bien se dénoncer ».

Personne ne bouge et je savais que c’était ni moi ni Bilal ni Hicham.

-« c’est pas nous, Madame !!! »

Mais quand la classe se transforme en espace de non Droit ou 20 élèves et une psychorigide qui détient l’unique vérité vous fixent, vous êtes seuls même à 3 et prêts à vous dénoncer malgré votre innocence.

« C’est moi Madame ! »

Manuel s’avança, le beau plumier en main et le déposa sur le bureau.

« Es-tu sur que personne ne t’a obligé à faire ça Manuel »

« Non, Madame »

« Mais pourquoi l’as-tu fait alors ? »

« Je ne sais pas »

Manu, nous regarda l’air désolé avec ce regard de compassion du fils de l’immigré qui sait …

Sur le chemin du retour, on parla peu mais je retiens cette phrase :

« Tu sais, si ce n’était pas vous qui aviez été accusés, jamais je me serai donné, Ombré ! »

Mon pote Manu !

Je le regardais rentrer chez lui, et priait pour que la raclée du père Suarez soit courte et pas trop dure tout en sachant que sa mère aussi était son « Ban Ki-Moon » !

Pressé de rentrer chez moi, pour un interlude en solitaire avec mon phallus.

J’arrive dans ma rue, ma mère à la fenêtre m’attendait, elle me jeta une chaussette avec une pièce de 10 Fb (Franc Belge).

« Jib l’Coumerra ou Fel Fel 7mar » (Apporte une baguette et du poivron rouge)

Ceci ne fera que retarder mon passe-temps favori du moment.

Boulangerie et vite l’épicerie, en rentrant à la maison, mon père devant la télé :

-« Chaa3b Al Aziz » ( Peuple bien aimé).

-« Tfou 3lik a L’9ard, Allah y 3tek L’9té3a » (Je te crache dessus espèce de singe, que Dieu te donne le silence éternel).

Ma mère dans la cuisine avec mes sœurs préparent à manger.

Mes frères dans leurs chambres et leur ambiance … « Stupéfiante ».

Tout va bien, tout va pour le mieux, je m’en vais prendre une longue, une très longue douche car me voici « mon ami » !

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“Moulana Nss3aw Redda9, Wa3la el ‘ Bab Wa9ifine Ya A R7am Ra7imine “ (Chant funèbre marocain)

Mais ça, ça sera pour une autre fois.

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26. mars
2014
Non classé
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Et si on essayait la gentillesse ?

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– T’es marocain , dit-il…? (d’un air condescendant).

– Je t’emmerde A l Khraa (Espèce de merde).

Ce matin, je m’en souviens comme si c’était hier, une de ces matinées suffocantes d’un mois de juillet à Tanger.Le Charki (Le mistral local) avait du faire la bringue la vieille et du coup avait du mal à se lever.Comme il faisait super chaud, ma mère à eu la « riche idée » de cuir des « Chfenjj »(Beignet marocain).

Moi, je me préparais pour une sortie plage avec mes potes de Bruxelles, virée à « Playa Blanca » avec ma chicha et ma chechiya !

A Tanger, même le quartier de Bruxelles prenait les vacances au même endroit.

(Bruxelles étant composé de beaucoup de belges d’origine marocaine de cette région du Maroc)

Tanger c’est un peu comme l’excroissance d’une commune bruxelloise, du coup tu te tapes plus de 2500 km pour retrouver les mêmes Salamou3aleikoum Fayen A l’Aise ou quoi ! ( Seul les belges peuvent comprendre).

Au bled, c’est très simple les français restent entres-eux, les belges entres-eux pareils, les hollandais entres-eux pareils… etc

Et tous ce beau monde venu du nord faisait front face aux locaux …

-T’es marocain, dit-il… ? (D’un air condescendant).

-Je t’emmerde A l Khraaa (Espèce de merde)

Voilà comment s’est clôturé ma dernière discussion avec un marocain de là-bas, un bledard comme on les surnomme ici.

Cet usage du langage impropre et outrancier je le pratique lorsque la coupe est pleine et que je n’ai pas l’énergie suffisante pour m’investir dans une discussion sereine !

-Avant de poursuivre, une petite mise au point s’impose :

« Je ne suis pas là pour me faire des amis ».

Ça devait être un de ces marocains » pas comme les autres », petit bourgeois des cercles nantis de casa ou Rabat et qui n’ont souvent de marocanité que le prénom …Et encore !

Lorsque ces gens vous parlent du Maroc, il y a comme un décalage entre ce qui sort de leur bouche et ce que vous en tant que Z’magri (c’est le nom attribué aux marocains de la diaspora par les bledards ) avez vu du Maroc.

–« Non, t’as plus rien de marocain toi , t’es un Z’magris, tu penses plus comme nous et t’es pas capable de boire l’eau du robinet au Maroc sans choper la chiasse! »

-« Je t’emmerde Al Khraa et wai chui un Z’magri ! »

Ils nous détestent, ça tombe moi aussi !

Je vais peut-être dire ce que beaucoup de Z’magris pensent si bas au fond d’eux-même qu’ils ne parviennent plus à l’entendre.

Les Z’magris détestent les gens du bled , ils peuvent pas les sentir avec leurs airs de parvenus et leur ignorance qui frise la débilité.

« Maghrib Zouine walakin moula77oum Ziiirrrroooo » (Le Maroc est un beau pays , c’est les marocains qui craignent).C’est ce que vous pouvez entendre le 1er septembre de chaque année dans les quartiers.

Et vous pouvez être rassuré, les bledards nous détestent aussi, eux qui ne voient en un(e) Z’magri(ya) qu’une « opportunité », wallou , rien de plus , une putain d’opportunité pour sauver leur gueule de la merde dans laquelle ils baignent, car ils n’ont plus le courage de l’affronter de face!

Comme je vous l’ai dit je ne suis certes pas là pour me faire des amis.

Le complexe du Z’magris c’est un peu comme le complexe de toutes les immigrations mais avec cette petite touche marocaine en plus : La schizophrénie !

Le complexe du bledard en revanche … Alors là ça relève de la pathologie clinique profonde.

Une thérapie de groupe à l’échelle nationale et sur 2 générations pourrait, peut-être les soulager!

Les rapports entre diaspora et bledards sont néants ou si faux, ça cligne trop des yeux pour être sincère !

Mon père me disait : « Koul m3a nssrani ou 7di rassek min marroki » (Mange avec l’européen et méfie toi du marocain ! »

C’est hard …! Il devait avoir ses raisons.

Problèmes de successions, héritages spoliés,malversations bancaires, injustices flagrantes et autres sont le lot de nos parents ou grand-parents au Maroc qui sont très souvent analphabètes.Pourtant ils mourraient pour le Maroc tellement leur amour pour « Ard el Watane »(La mère patrie) est enraciné profondément dans leurs codes génétique.

Leur rêve ultime, pour beaucoup, est de se reposer une dernière fois le regard vers la Mecque ensevelis dans le sol de leurs ancêtres.

C’est que le besoin, la nécessité au bled peuvent pousser l’humain à faire des choses qui ne sont pas très louables.Plus de famille qui tienne quand on a faim.Ton propre frère te nique la gueule et avec le smile de circonstance!

Plusieurs guérisseurs insomniaques de la connerie ont établis des théories aussi fadas les unes que les autres pour stigmatiser le Z’magri au Maroc.

Du genre : Les Z’magris viennent pour frimer avec leurs voitures, ils ne respectent pas les lois, ils sont arrogants et critiquent toujours tout, comparant le Maroc à l’incomparable, mal éduqués, ils n’ont plus rien de marocain …

Alors de vous à moi, je suis sûr que vous avez déjà entendu au moins un de ces arguments. Messieurs, Dames les Z’magriyaaaaaas

De l’autre côté, les bledards avaient plutôt la cote Outre-Méditteranée.

Quelqu’un de là-bas, dans l’esprit des parents, c’est maintenir le contact avec une certaine authenticité, un bout de là-bas ici. Une crédulité qui mériterait qu’on s’y penche, car elle suppose que nos parents considèrent déjà leurs propres progénitures en perdition identitaire, coupée de tous liens culturel avec le terroir sacré.Alors que cette dernière face aux belgo-belges usent de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour marquer leurs différences et brandissent l’identité d’origine à tout va.

Par l’échec de l’ancrage ici et là-bas, beaucoup déambulent tels des corps sans têtes à fleur de peau , ce qui sourit à tous les extrêmes.

Complexe… Non ? Attendez donc ! Là où ça devient tordu c’est au bled.

Les Z’magris font tout pour se rattacher à la mère patrie une fois au bled, mais l’autre, celle de la Belgique, France, Hollande, etc … Ils s’impatientent toute l’année mais de retour de vacances jurent, souvent, que ça sera la dernière !

Et ça, ça profite à qui alors ?

Ça conforte juste les bledards dans leurs dénominations affabulatrices avec lesquelles ils excommunient définitivement le Z’magri et cela permet aux Z’magris, de se venger du haut de leur tour d’ivoire occidentale.A demi-fier, car nous sommes conscients que ce que nous pensons et disons sur les bledards nous le subissons bien souvent ici !

C’est humain, et tellement humain vous ne trouvez pas ?

Ce derby Z’magris/Bledards ne parlera probablement pas à tout le monde.De même, je suis lucide que certaines tournures de phrases cruelles vont hérisser les cheveux de certains, accablant l’auteur de ce billet d’humeur par tous les quolibets made in Maroc :

« Le traitre » ou alors « ça ne peut être qu’un algérien qui se cache derrière ces caractères » …

Alors, donnez-vous à cœur joie !

Et dans ce dictionnaire de l’immigré marocain, j’aurai dressé volontiers ces points :

Un Z’magri 1ère génération c’est comme un marocain Chaabi (populaire) hors du Maroc.Dont le coeur bat ici mais le regard est en permanence rivé vers là-bas.

Un Z’magri 2ème génération, c’est « Fight club » en premanence, le coeur bat ici et le regard est rivé ici mais en coins de l’oeil encore là-bas.C’est aussi Dieu merci je suis né ici!

Un Z’magri 3ème génération a comme principale difficulté, d’affirmer que le pays dans lequel il vit est sien. Son coeur et son regard sont ici.Son référent identitaire est là-bas quand ça le chante et ici quand ça lui sert!

Un bledard c’est comme … Du Canada Dry, ça à le look du champagne, ça pétille comme du champagne mais c’est une putain de limonade !!

Un bledard c’est sauve qui peut je me noie, tends moi la main Dieu seul te le rendra car moi j’ai autre chose à faire … A Sahbi dielli ! (Mon ami ).

ça souffre de part et d’autre mais pas pour les mêmes motifs, ça se reconnaît et depuis ça s’apprivoise à distance.

Ils se démarquent en permanence !

C’est un peu je t’aime moi non plus !

Ils se projettent avec dédain, se regardent en chien de faïence et se confortent de leurs positions en se disant : « Hamdoullah que moi je suis pas toi ! ».

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-« Et ça, c’est qui l’a fait !!! »

-« C’est pas moi Madame ! »

-« Tu mens , tu mens Stéphanie et Pierre ont dit que c’est toi ! »

-« Dans ma tête, en mon moi profond, « Et wa Mchi T’Khraa 7ta Ntina ! » (Va à la merde toi aussi!). »

Mais ça, ça sera pour une autre fois.

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Auteur·e

L'auteur: zmagri
Zmagri à l'appellation attribuée aux marocains de la diaspora par ceux qui vivent au Maroc. Les immigrés - les Z'imigris-les Zmagris. Ce blog rassemble les "confessions" d'un zmagri deuxième génération au pays du surréalisme. J'essaie, de manière décomplexée, de partager la vision d'un belge d'origine marocaine sur ses propres interrogations relatives à l'origine, la politique, le sexe, la religion.

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